Artiste Guivi Siproshvili, (Ryazan)

Quand j’étais étudiant, je me souviens que je ne réussissais pas à dessiner la forme de mon modèle. Je gommais jusqu’à faire des trous dans mon papier sans jamais obtenir un dessin dans son intégralité, les détails trop visibles ressortant en avant.
Bientôt arriva un professeur de dessin, le jeune peintre Levan Tsukiridze qui, voyant mon martyre, éclata de rire, s’approcha de moi et termina mon dessin en deux coups de crayon. Je le regardais étonné et m’écriais: ” Mais c’est donc aussi simple? Il suffit juste de deux minutes?”
Des années plus tard, avec toute l’expérience accumulée, je me souviens en souriant de cette naïve conclusion: “Comme c’est simple!”

Guivi Siproshvili, artiste-peintre

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« J’ai toujours voulu monter le caractère et l’état de  l’âme. »

Interview de l’artiste-peintre Givi Siproshvili au journal Russian Art & Paris.

RA&P:   – Givi Iraklievich, 20-ieme siècle, c’est déjà de l’histoire. Qu’est-ce il vous a rappelé ?

Guivi Siproshvili:   – Quand je regarde en arrière, il me semble que le pire évènement qui s’est produit c’est la chute de l’Union Soviétique. Les Etats ont obtenu leur indépendance et les gens leur liberté. Et avec la liberté on a obtenu le droit de circuler à travers le monde et d’avoir la joie d’exister pour soi. Voilà qui est formidable.

RA&P:   – Est-ce que les artistes du 20-ieme siècle ont de l’influence sur le développement de l’art?

Guivi Siproshvili:   – A mon avis, ce n’est pas seulement les maitres anciens qui ont de l’influence sur la formation des contemporains, des artistes comme Picasso, Dali, Malevitch, Kandinsky, Chagall resteront nécessaires même dans le futur. Je pense que beaucoup de peintres russes remarquables actuels prendre vite une place prépondérante dans l’arène mondiale.

RA&P:   – Vous avez créé des visages remarquables et dont on se souvient. Peut-on considérer votre œuvre comme le prolongement de la tradition de Bosch et de Breughel ?

Guivi Siproshvili:   – A dire vrai, j’ai toujours voulu montrer dans mes travaux le caractère et l’état de l’âme humaine, certainement on voit à travers cela l’influence des maitres anciens dans mon œuvre. Beaucoup de mes personnages sont imaginés  mais ils découlent d’esquisses prises sur le vif au quotidien.

RA&P:   – Vous avez produit beaucoup de portraits, que voulez-vous exprimer ?

Guivi Siproshvili:   – La plus grande satisfaction, je l’ai tirée du portrait «d’Einstein ». Il me semble que dans cette œuvre j’ai pu rendre la tension vers un but, l’énergie et la liberté des pensées du savant, qui lui ont permis de réaliser tant de découvertes. A mon avis, de mes derniers portraits l’œuvre qui appelle un intérêt particulière est « Le nouveau voisin », dans laquelle, plus que tout, se dégagent le caractère du personnage et ses attitudes entre deux voisins. De même,  je rêve de faire le portrait de la grande chanteuse géorgienne Nani Bregvadzé, mais pour l’instant mon rêve reste un rêve.

RA&P:   – Est-ce que vous avez eu, dans votre longue vie créative des échecs et par contre lesquelles de vos œuvres considérez-vous comme significatives ?

Guivi Siproshvili:   – J’ai eu, dans la vie, des hauts et des bas. Un des bas s’est produit, quand on a volé la plupart de mes œuvres achevées, environ soixante dix, prêtes à être exposées. Ma dépression a duré environ dix ans, mes pinceaux se sont bien reposés. Mais ensuite, peu à peu tout est rentré dans l’ordre. Je considère que la plus intéressante de mes œuvres, c’est le tableau «La trinité ».

RA&P:   – Sur vos toiles il y a beaucoup de visages de femmes. Quelles femmes vous attirent le plus ?

Guivi Siproshvili:   – Toutes les femmes me plaisent, sans exception. Chaque femme a son charme.

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Biographie de Guivi Siproshvili.

Le peintre graphiste Givi Siproshvili Iraklievich est né en 1940 en Géorgie. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Tbilissi en section peinture en 1971. Ses professeurs étaient des artistes de renom tels que Cornelia Sanadze, Koki Makharadzé, Lapiashvili et Utsha Japaridze. Membre de l’Union des Artistes de l’Union Soviétique et de Géorgie depuis 1974. Membre de la Fédération Internationale des Artistes (UNESCO) depuis 2000.
Il a reçu le prix “Talent et Vocation” de l’ alliance internationale “Peacemaker” dans le domaine de la culture et des l’arts en 2009. En 2009 il devient citoyen d’honneur de la ville de Forte dei Marmi en Italie, où il a représenté la Russie dans le cadre du festival d’Art et de cinéma russe “MAESTRO” et est décoré par le maire de la ville.
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Artiste Rinat Sharafutdinov, (Magnitogorsk)

Rinat Sharafutdinov est né en 1959 à Magnitigorsk. Il fit ses études dans une école d’art de Sverdlovsk (1975-1979). En 1987 il reçoit le diplôme de l’Ecole Supérieure d’Art Industriel de Moscou (ex Stroganov) en section peinture monumentale et décorative dans l’atelier du professeur A. Orlovsky. Il fut l’élève du chargé de cours F. Voloshko et du professeur S. Gordyn. En 1993 Il rejoint l’Union des Artistes de Russie en section Art Monumental. L’artiste peintre Rinat Sharafutdinov travaille dans le domaine de l’art monumental, sur chevalet, est graphiste et dessinateur. Il expose tant au niveau régional que national. 
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L’atelier de l’artiste-peintre Rinat Sharafutdinov se situe au cœur de la ville de Magnitogorsk. Clair et chaleureux, il fleure bon la peinture. Des livres de ses artistes préférés occupent les étagères. Les toiles sont entreposées avec soin sur la mezzanine. L’endroit prédispose à un labeur rempli de réflexion et de sérieux qui ne tolère ni agitation ni désordre intérieur ou apparent.
    C’est précisément là, dans une petite ville industrielle de l’Oural, à la frontière de l’Asie et de l’Europe, loin des regards indiscrets, dans le silence que naît la peinture de Rinat Sharafutdinov. Federico Fellini a exprimé une idée remarquable: “Les vrais génies sont issus de la province dans la mesure où l’insuffisance des impressions pendant l’enfance pousse les hommes motivés à la compenser par leur imagination et l’avidité de leur perception acquière des proportions démesurées”
    J’espère que les visiteurs du site “Russian Art & Paris” auront plaisir à faire connaissance avec un artiste du fin fond de la Russie et qu’il apportera à leur vie de nouvelles émotions, de nouvelles perceptions des couleurs dans le monde qui les entoure. Les moyens technologiques d’information actuels nous permettent d’élargir les horizons de l’espace artistique dans lequel les terrains des différentes cultures, civilisations et religions constituent une unité pour l’humanité. Cet espace permet à chaque artiste talentueux d’insuffler dans des traditions ancestrales une nouvelle vie, une nouvelle forme qui correspond à son “moi” profond tout en enrichissant ses capacités artistiques. Tel est l’artiste-peintre Rinat Sharamatdinov doté d’un style très personnel inimitable.
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Marina Abramova,
Conservateur en chef de la Galerie d’art de Magnitogorsk,critique d’art,
membre de l’Union des Artistes de la Fédération de Russie.

L’artiste Alexandre Grichkevitch, (Minsk)

Pour les lecteurs de Russian Art & Paris.
 
De tous les enseignants dans ma vie, il y en avait un qui n’était pas mon maître dans le vrai sens du mot. Mais, j’ai appris de lui deux choses, qui sont peut-être les plus importantes pour moi.
Première chose. Votre travail doit être visible de loin. Par conséquent, la composition doit être claire, précise. L’esquisse doit être la taille d’une étiquette de boîte d’allumettes et doit déjà révéler l’idée principale de la plastique.
Deuxième chose. Il n’y a pas d’objets dans l’image. Il y a des éléments. La tasse et son ombre dans l’image sont de valeur égale.
Aujourd’hui, l’ombre de la tasse est plus important pour moi que la tasse elle-même.

Alexandre Grichkevitch

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Alexandre Grichkevitch est né en 1961dans la ville de Molodetchno, en République du Biélorussie. Il est diplômé en 1981 du Collège d’Art de Minsk “A.K.Glebov” et en 1987 de l’Institut du Théâtre et d’Art du Biélorussie (maintenant l’Académie des Arts du Biélorussie). En 1991-1994, il a fait un stage dans les studios créatifs de l’Académie des Arts, sous la direction de l’académicien M.A. Savitsky. Il est membre de l’Union des artistes de Biélorussie depuis 1996.
Depuis 1984, il a participé aux expositions d’art. Les œuvres de l’artiste Alexandre Grichkevitch sont exposées au Musée National d’Art du Biélorussie, au Musée d’Art Moderne (Minsk, Biélorussie), dans la Galerie d’Art de Svetlogorsk (Biélorussie), dans la Galerie d’Art d’Unetcha (Russie), dans les reserves du Ministère de la Culture de la République du Biélorussie.
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L’artiste Evgeni Yali, (Saratov)

Eugène Yali est  membre de l’Union des Artistes de Russie. C’est un artiste bien connu. Ses œuvres figurent dans des collections de la Galerie Tretiakov, au Musée d’Art d’Etat A.N. Radischev de Saratov, au Musée d’histoire locale de la région  de Saratov,  au Musée d’Etat K.A. Fedin, au Musée régional d’Engels, à la Galerie d’Art de Volsk.    En 1996 l’Académie Russe des Arts a attribué à Evgeni  Yali le diplôme des meilleures  œuvres des beaux-arts, de critique d’art et d’architecture. En avril 1998  le nom d’Evgeni Yali a été retenu à titre d’exemple dans les biographies de l’édition anglaise de l’annuaire international des meilleurs artistes de l’Institut American de Biographies (Caroline du Nord). Actuellement, le peintre Eugene  Yali vie et travaille à Saratov.
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Evgeni Yali est un artiste rare et étonnant. Rare même pour une Russie riche en talents. Il est difficile de trouver un nom dans la peinture Russe avec lequel on puisse le comparer. On peut faire plus facilement une analogie avec un exemple littéraire.  C’est probablement, avec un chatoiement de lune identique, qu’Afanassi Fet a frappé ses contemporains: “La clarté nocturne et les ombres………Dans le soleil levant …!”.   C’est un poète qu’aujourd’hui, tout le monde s’accorde avec conviction à traiter de philosophe. Il se peut qu’un tel qualificatif soit aussi attribué à l’œuvre de Yali.
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On dit parfois de Yali qu’il est un « artiste de chambre »- ce n’est pas tout à fait vrai – derrière les sujets dits « de chambre » se cache une immense impression de « présence », impression d’être « ici et maintenant », on a l’impression de « voir » le monde tel qu’il est. La première chose qui frappe quand on est confronté à cette peinture, nouvelle et inhabituelle, c’est sa « profondeur ». Dans le périmètre du cadre on entend le crissement de la neige gelée. L’air qu’on respire dans cet espace est rempli par l’humidité de l’aube – tout est réel comme une chair palpable. L’atmosphère créée par Yali est fascinante. Parler de perspective, de tonalité ou de coloris est impossible et déplacé. Il n’y a pas ces catégories dans ces peintures, ce qu’il y a en elles c’est une mystique créative. Il est difficile de croire qu’à la base de tout cela il y a une boite usée de couleurs.
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Le travail du mouvement, son rendu dans un espace à deux dimensions est spectaculaire. Cet objectif, qui a presque disparu de la problématique de la peinture contemporaine, est atteint, sans contrainte et naturellement dans les œuvres de Yali. Comme quelque chose d’évident et depuis longtemps habituel les pies volent, et ce qu’il y a de particulier à cela c’est que dans la nature les pies volent et dans la peinture aussi. Chez Savrassov, en vérité elles ne volaient pas, mais chez Yali elles se sont mises à voler – comme il sied à un maitre. Un maitre qui possède et l’esprit et la forme. Le développement rythmique dans les œuvres de Yali est dynamique et toujours musical. Ses décisions de composition sont brutales et inattendues comme un « clic » d’appareil photo. Mais à travers ces instantanés de campagnes et de champs il en ressort clairement et avec inquiétude une autre image : une image de l’âme humaine. Quelle est cette âme, à qui appartient – elle? C’est la nôtre, elle nous est commune, authentique et véritable.
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l’Art Russe et Paris ©                                                                                                  

L’artiste Alyona Filippova-Kargalskaya, (Moscou)

A chaque fois que je commence un nouveau tableau, je cherche à sentir comment il peut résonner, quels sont les sons, les instruments qui retentissent dans mon imaginaire, à quelle mélodie correspond à telle ou telle image. Cela peut être simplement le ruissellement de la pluie sur le toit d’une maison en bois, le chant des oiseaux dans la forêt au printemps, le bruit du ressac. Parfois c’est une  symphonie d’un compositeur inconnu dans son intégralité, parfois ce sont des brides d’improvisations de jazz entendues dans le passé, il arrive aussi que les rumeurs d’une ville bruyante s’unissent en une harmonie à peine audible… Pour moi, la forme et la couleur  ont toujours une correspondance musicale. Le rythme des coups de pinceau et des mouvements du couteau à la pose de la peinture sur la toile est une composante importante qui détermine si l’œuvre se réalisera ou pas. Pour cette raison j’essaie de peindre mes toiles d’un seul élan lorsque je saisis le rythme singulier du tableau.

Pour bien comprendre les accords de couleur, j’imagine d’abord le monde en noir et blanc. Ce n’est que lorsque le tableau est bâti noir sur blanc que la couleur y jaillit, remplissant l’espace tracé à l’encre noire. C’est une petite création du monde.

Aussi loin que je me souvienne, à trois ans déjà, je pouvais soudain m’arrêter émerveillée dans la rue en remarquant le soleil bizarrement empêtré dans les branches d’un arbre ou l’éclat du toit d’une maison dans le reflet d’une mare. Maintenant ce sont précisément ces émotions là qui ressurgissent au moment où je peins mes tableaux bâtissant leur esthétique émotionnelle. C’est justement le sentiment si ancien du paradis perdu qui est la base de ma créativité, l’envie de réunir le passé avec le présent et le futur, rendre ce monde plus plaisant pour l’esprit, réconcilier l’homme avec la réalité.

Alyona Filippova-Kargalskaya pour les lecteurs de ”Russian Art & Paris”

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Je connais l’œuvre de Aliona depuis ses débuts. Elle est devenue rapidement artiste-peintre en travaillant jusqu’à maîtriser la technique de la peinture. D’aucuns sortent des écoles ou des universités et restent à vie dans le cadre de la méthode qui leur aura été enseignée. Il en est autrement pour Aliona. Le destin l’amena à la peinture à un âge mûr où l’énergie de la jeunesse et l’expérience de la vie se rencontrent et s’entremêlent avec succès. Il faut souligner que l’artiste possède un don inné qui s’est révélé de façon remarquable. Aliona a son écriture propre, sa calligraphie. Ses œuvres sont poétiques, d’une humeur délicate et d’une philosophie sans insistance.

L’artiste Vladimir Paroshin

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